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Fièvre du Nil occidental ou Infection par le virus West Nile

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[ 4 août 2009 ]

L’infection par le virus West Nile, également appelé virus du Nil occidental, est une zoonose connue en France depuis les années 1960 et dont la diffusion à l’échelle de la planète s’est modifiée récemment. Le virus West Nile infecte l’homme accidentellement, essentiellement par piqûre de moustique infecté, mais l’infection peut être transmise par l’intermédiaire de certains produits de santé d’origine humaine.

L’analyse de cas humains et équins survenus en France - en Camargue et dans le département du Var - en 2003, ainsi que les données internationales, ont conduit à proposer une adaptation des mesures de surveillance et de protection qui étaient jusqu’alors en place. La stratégie de réponse est graduée en fonction du niveau de risque observé. Elle repose sur le renforcement de la surveillance, destiné à mieux apprécier l’étendue et l’importance de la circulation virale, les mesures de protection individuelle, la mise en œuvre de mesures de lutte contre les moustiques, et la sécurisation des dons de sang et d’organes. Un guide de procédures pour lutter contre la circulation du virus West Nile en France métropolitaine a été élaboré en 2004. Ce dossier fait le point sur les informations récentes concernant le virus West Nile. Vous y trouverez également le guide de procédures de lutte contre la circulation du virus WN en France Métropolitaine.

Actualités / Communiqués de presse

Agent : Le virus West Nile est un arbovirus, de la famille des flaviviridae, transporté par des oiseaux migrateurs. Son cycle de vie implique un insecte vecteur le moustique, un réservoir animal, l’oiseau, et des hôtes accidentels, le cheval et l’homme, qui sont des impasses pour son développement.

Réservoir : Les oiseaux constituent le réservoir habituel du virus et jouent un rôle d’hôte amplificateur.

Mode de contamination : Les moustiques s’infectent en piquant des oiseaux eux-mêmes infectés. Ils peuvent contaminer, par piqûre, l’homme et les herbivores domestiques comme le cheval. Le cheval et l’homme sont des hôtes accidentels dans le cycle de cette zoonose et représentent des culs de sac épidémiologiques. Ceci signifie qu’il n’y a aucune transmission directe du cheval à l’homme ni de l’homme à l’homme.

Transmission par le sang et les organes : En 2002, des études ont démontré aux Etats-Unis un risque faible de transmission lors de transfusion sanguine ou de don d’organe. Une personne infectée par le virus West Nile n’est susceptible de transmettre l’infection que pendant une période de 6 jours. De ce fait, l’Etablissement français du sang (EFS) et l’Etablissement français des greffes (EFG) ont pris des mesures contre les risques de transmission du virus West Nile lors des transfusions sanguine et des dons d’organe pour les donneurs revenant de zones de circulation virale du West Nile, suivant en cela les mêmes mesures adoptées aux Etats-Unis.

  • Pour éliminer le risque de transmission transfusionnelle, les personnes qui ont séjourné récemment dans une zone de circulation virale sont exclues du don, qu’elles aient ou non des signes évocateurs d’infection par le WNV, durant quatre semaines. D’autres mesures relatives au dépistage du virus dans le sang des donneurs sont à l’étude.
  • Concernant les greffes d’organes, les banques de tissus et les équipes de prélèvement et de greffe ont été avertis du risque. Les mesures seront à adapter en fonction du type de greffon (organes, tissus ou cellules souches hématopoïétiques), et du rapport bénéfice / risque pour le receveur.Epidémiologie – Surveillance : Le virus West Nile, qui avait auparavant été responsable d’épidémies en Afrique, Europe de l’est, au Moyen Orient et en Asie, a été détecté pour la première fois sur le continent américain, aux Etats Unis, en 1999. Depuis, il diffuse à tout le continent nord américain où la maladie se présente comme une maladie émergente.

En France métropolitaine, le virus, détecté dès les années 1962-1963 en Camargue, n’est réapparu qu’en 2000 chez des chevaux. A la suite de cette détection, une surveillance de la circulation virale en Camargue, associant surveillance humaine et animale (chevaux, oiseaux, moustiques), a été mise en place en 2001 pendant la période d’activités des moustiques. Aucun cas humain de méningo-encéphalite et aucun cas équin n’a été observé en 2001 et 2002. En 2003, la surveillance a mené au diagnostic de 7 cas humains confirmés groupés autour de Roquebrune-sur-Argens (83) et de 4 cas équins.

Trois niveaux de risque sont identifiés :

Niveau 1 : Activité virale présente chez les oiseaux
On distingue un niveau 1a, séroconversion isolée, et un niveau 1b, séroconversions multiples ou mortalité aviaire groupée.
Niveau 2 : Cas équins
Niveau 3 : Cas humains

Surveillance animale : Un rapport de l’AFSSA publié en juin 2004 analyse la situation animale en France et Europe, la compare à la situation aux Etats Unis, et établit des recommandations pour améliorer la surveillance actuelle. Elle conclut également à l’utilité de la diffusion de l’information entre tous les acteurs impliqués en phase veille et en phase alerte.

Clinique : La durée d’incubation est de 2 à 15 jours (21 jours pour les contaminations transfusionnelles). L’infection passe la plupart du temps inaperçue : 80% infections humaines à VWN sont asymptomatiques. Dans les autres cas, la maladie se présente sous forme d’un syndrome de type grippal avec une fièvre, des maux de tête, des courbatures. Dans des cas exceptionnels (un cas sur 150), la maladie se présente sous une forme sévère et se traduit par des manifestations neurologiques (méningite aseptique, méningo-encéphalites, paralysie flasque aiguë) principalement décrites chez des sujets âgés. La mortalité a été évaluée à 2% des infections.

Diagnostic : La confirmation biologique fait appel à des prélèvements de sérum ou de liquide céphalo-rachidien afin de mettre en évidence la présence du virus ou surtout la présence d’anticorps dirigés contre le virus. Trois techniques diagnostiques sont possibles : sérologie (recherche d’IgM par technique ELISA et test de neutralisation) ; amplification génique par RT-PCR ; isolement viral par culture, les deux premières étant utilisées chez l’homme.

Traitement : Le traitement est symptomatique pour les syndromes pseudo grippaux.
Pour les méningo-encéphalites, il repose sur une prise en charge hospitalière avec traitement symptomatique en service de réanimation si besoin.

Prévention : A ce jour, il n’existe pas de moyens permettant d’éradiquer totalement le risque de transmission du virus West Nile. La prévention repose sur des mesures de protection individuelle destinées à réduire le risque de piqûre par les moustiques. Ces derniers piquent surtout le soir et la nuit et se tiennent principalement dans les zones humides (étangs, marais, rivières, rizières…) : ces mesures seront donc mises en œuvre plus particulièrement du coucher au lever du soleil.

Les mesures de protection reconnues comme efficaces sont :

  • le port de vêtements couvrant bras et jambes, l’application d’un produit répulsif sur les zones de peau découvertes et, chez les femmes enceintes ou les jeunes enfants, l’imprégnation des vêtements avec un produit insecticide spécial pour tissus dans les zones particulièrement riches en moustiques
  • l’utilisation de diffuseurs insecticides et le recours à des moustiquaires dans les zones particulièrement riches en moustiques.La protection individuelle repose également sur la destruction des gîtes larvaires potentiels par chacun autour de sa résidence en éliminant les sources d’eau stagnante favorables à la ponte des moustiques. Ces mesures sont de mise en œuvre simple : enlèvement régulier de l’eau accumulée dans ou sur les objets ou articles extérieurs (soucoupes sous les pots de fleurs, poubelles, couvertures des piscines…), élimination autant que possible des récipients extérieurs, des pneus usagés, couverture des citernes pluviales, nettoyage régulier des gouttières. Dans le cas des sources d‘eau stagnante qui ne peuvent être facilement drainées, il existe des larvicides de moustiques accessibles aux professionnels, qui doivent suivre scrupuleusement les directives concernant leur utilisation.

Pour en savoir plus : Vous pouvez consulter ces sites à l’adresse suivante :
Attention, en cliquant sur ces liens proposés, vous quittez le ministère de la santé et de la protection sociale.

Institut de veille sanitaire
C.I.R.A.D. (en cas de découverte d’un oiseau mort)
Entente départementale de démoustication
Afssa (lien direct sur le rapport)
Ministère de l’Agriculture
Santé Canada
http://www.sante.gouv.fr/htm/points…Centers for Disease Control and Prevention

Source : DGS/ Bureau alertes et problèmes émergents
5C Maladies infectieuses et politique vaccinale
Et Bureau systèmes d’information.
8, avenue de Ségur, 75007 Paris.
Rédaction : septembre 2002.
Mise à jour : août 2009