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Infection humaine par le virus cowpox

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[ 6 février 2009 ]

1) Qu’est ce que le virus cowpox ?

Le virus cowpox appartient à la famille des Poxviridae, au genre Orthopoxvirus, dont il est l’un des quatre membres potentiellement pathogènes chez l’homme, avec le virus de la vaccine, le virus monkeypox et le virus aujourd’hui disparu de la variole. Le virus cowpox, compte tenu de sa proximité antigénique et de sa faible pathogénicité, a été le premier virus utilisé par Jenner en tant que vaccin contre la variole. Le virus de la vaccine lui a ensuite été substitué en tant que vaccin à l’origine de la campagne fructueuse de l’OMS qui a abouti à l’éradication de la variole en 1981. Le virus cowpox est endémique en Europe de l’Ouest y compris en France où les petits rongeurs constituent le principal réservoir du virus.

2) Quels sont les signes de l’infection par le virus cowpox chez l’homme ?

Les infections à virus cowpox provoquent des lésions de la peau limitées qui ont initialement un aspect inflammatoire avec rougeur et œdème périphérique important. Une vésicule ou une pustule sont parfois présentes au stade initial. Les lésions peuvent être associée à de la fièvre, des ganglions et des douleurs musculaires. Elles prennent ensuite en quelques jours à deux semaines un aspect ulcéreux avec une nécrose centrale d’aspect noirâtre. Les lésions cutanées évoluent vers le stade de croûtes et la cicatrisation dans un délai moyen d’un mois.

3) Comment l’homme peut-il être contaminé par le virus cowpox ?

L’homme se contamine en manipulant des rongeurs (sauvages ou de compagnie, notamment des rats) ou leur cadavre, ou en étant griffé par un chat lui-même contaminé par un rongeur. Les infections à virus cowpox peuvent être transmises après contacts directs (même sans griffure ou morsure). Les animaux infectés ne sont pas nécessairement malades. Aucune transmission interhumaine d’infection à virus cowpox virus n’a été décrite à ce jour. La transmission par les croûtes qui sont infectieuses est cependant possible.

4) Les infections à cowpox virus sont-elles fréquentes ?

Les infections à cowpox virus sont rares chez l’homme, mais elles ne sont pas exceptionnelles. Des cas sporadiques sont régulièrement rapportés en Europe depuis 2002, notamment en Allemagne, aux Pays Bas et en France. En 2008, plusieurs cas ont été décrits en Allemagne.

5) Les infections à virus cowpox sont-elles graves ?

Les lésions restent habituellement localisées chez les patients immunocompétents, la lésion cutanée évoluant comme la lésion liée à une vaccination par le virus de la vaccine. Des formes étendues peuvent être observées en cas de déficit immunitaire ou de terrain prédisposant aux allergies. Dans tous les cas, une prise en charge hospitalière est conseillée.

6) Comment le diagnostic d’infection à virus cowpox peut-il être établi ?

Le diagnostic d’infection à virus cowpox repose sur l’isolement du virus dans les lésions L’isolement viral nécessite un prélèvement de la peau et des muqueuses en milieu hospitalier, puis un acheminement vers un laboratoire de référence. Le prélèvement se fait à l’aide d’un écouvillon sec, après effondrement de la pustule et/ ou exérèse de la croûte, en grattant légèrement le fond de la lésion où se réplique le virus. L’écouvillon sec peut être expédié à température ambiante à l’abri de la lumière, le virus se conservant plusieurs jours. Le diagnostic se fait dans des laboratoires spécialisés soit par microscopie électronique, soit par mise en culture sur cellules Vero, ou par PCR. Il n’existe pas de sérologie spécifique, les techniques existantes ne faisant pas la différence entre une infection cowpox et la persistance d’une immunité vaccinale après vaccination par le virus de la vaccine (techniques d’immunocapture sur virus (ELISA) ou de séroneutralisation).

Les cas confirmés doivent faire l’objet d’une déclaration aux autorités sanitaires par les médecins traitants (fiche disponible sur http://www.invs.sante.fr/surveillance/mdo/fiches/fiche_variole.pdf http://www.invs.sante.fr/surveillance/mdo/fiches/fiche_variole.pdf).

7) Y-a-t-il un traitement spécifique des infections à virus cowpox ?

Il n’existe pas à ce jour de traitement spécifique des infections à virus cowpox. Des médicaments antiviraux ont été utilisés dans certains cas et il apparaît possible d’utiliser des immunoglobulines. La vaccination contre la variole par le virus de la vaccine est protectrice contre le cowpox. Les personnes vaccinées contre la variole avant 1979 sont susceptibles d’avoir conservé une mémoire immunitaire partiellement protectrice contre le virus cowpox.

8) Comment peut-on se protéger ?

En évitant les contacts avec les rongeurs sauvages et les rats domestiques, notamment en cas de déficit immunitaire ou de terrain allergique.