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La prévention du suicide

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[ 13 juillet 2009 ]

La prévention du suicide, cause de décès évitable, est un enjeu majeur de santé publique. La loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique fixe dans son annexe un objectif quantifié de réduction du nombre des décès par suicide, d’environ 12000, à moins de 10000 cas par an à l’horizon 2008. Les derniers chiffres publiés par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale font état de 10707 décès par suicide en 2005. On estime par ailleurs à 195000 en 2002 le nombre de tentatives de suicide ayant donné lieu à un contact avec le système de soins. Depuis 1998, les pouvoirs publics ont mis en place une politique active de prévention du suicide. En particulier, la stratégie nationale d’actions face au suicide 2000-2005 a contribué à structurer un programme d’actions ambitieux. Le plan Psychiatrie et Santé mentale 2005-2008 a prévu la poursuite et l’évaluation de ces actions. La direction générale de la santé travaille aujourd’hui avec ses partenaires à la suite à apporter à cette politique de santé publique.

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Le suicide en France

En 2005, 10707 décès par suicide ont été enregistrés par le CépiDc dont 7826 pour des hommes et 2881 pour des femmes. Ces décès représentent 2 % de l’ensemble des décès survenus en France. Toutefois, la sous-déclaration, que l’on estime à 20-25 % porterait ce nombre aux alentours de 13000.

Comparaison internationale

La France se situe dans le groupe des pays européens à taux élevés de suicide (après les pays de l’Est, la Belgique et la Finlande). Les pays européens connaissant les taux de suicide les plus faibles se situent plutôt dans le sud : Grèce, Italie, Portugal, Espagne. Le faible taux de suicide constaté au Royaume-Uni est souvent mis en lien avec une probable forte sous-déclaration due aux règles du système d’assurance.

Plus généralement, les comparaisons internationales posent des difficultés du fait de différences éventuelles dans la qualité et l’exhaustivité des déclarations.

Disparités régionales

Elles sont très importantes. Selon la DREES (Etudes et résultats n°488, mai 2006), “l’étude des taux standardisés de suicide annuels moyens sur la période 2000-2002 montre que douze régions ont un taux supérieur d’au moins 15 % à la moyenne nationale. Elles appartiennent, pour la plupart d’entre elles, à un grand quart nord-ouest de la France, le taux le plus élevé étant, et de loin, celui enregistré en Bretagne. À l’opposé, quatre régions, Alsace, Midi-Pyrénées, Corse et Île-de-France connaissent des taux de suicide nettement inférieurs à la moyenne nationale. En Île-de-France toutefois, le mode de recueil des données parisiennes conduit à une sous-évaluation probablement importante”.

Evolution

Les taux de décès par suicide ont tendance à baisser dans le temps (entre 1990 et 2004, -14% chez les hommes et -16% chez les femmes). Cette diminution concerne davantage les populations âgées que les jeunes.

Un nombre relativement important de cas de suicide dont le lien avec le travail est avéré (reconnu par la sécurité sociale comme accident du travail) ou supposé ont été médiatisés depuis début 2007. Cependant, l’Institut national de recherche et de sécurité rappelle que les cas de suicide liés au travail ne sont pas un phénomène nouveau. Des cas de suicide sur le lieu de travail ont commencé à être rapportés par les médecins du travail vers la fin des années 1990. Pour autant, il n’y a pas pour l’instant de données nationales permettant de suivre l’évolution du phénomène.

Tentatives de suicide et idéation suicidaire

Tentatives de suicide

On évalue à près de 200000 le nombre de tentatives de suicide ayant donné lieu à un contact avec le système de soins. Si les victimes du suicide sont pour près des trois-quarts des hommes, les tentatives de suicide sont majoritairement le fait des femmes, surtout jeunes. Le taux de réitération est estimé à 22 % pour les hommes et 35 % pour les femmes [DREES, Etudes et résultats n°488, mai 2006].

Idéation suicidaire

Selon le Baromètre Santé (INPES, 2000), « 7,3 % des femmes et 4,4 % des hommes déclarent avoir pensé au suicide au cours des douze derniers mois. Pour les femmes, la prévalence de pensées suicidaires varie selon l’âge avec un maximum pour les 15-19 ans (12 %), tandis que pour les hommes la prévalence varie peu avec l’âge. »

Modes de suicide

Les modes de décès les plus fréquents sont les pendaisons (45% des décès en 2004), les armes à feu (15%), les prises de médicaments (16%) et les sauts d’un lieu élevé (8%). Ces modes de décès différent sensiblement selon le sexe. Pour les hommes, les modes les plus utilisés sont la pendaison (50%) et les armes à feu (19% des suicides). Pour les femmes, deux modes sont prépondérants avec une fréquence équivalente : la pendaison (30%) et la prise de médicaments (30%). Les modes de décès varient selon les régions (la pendaison est plus fréquente dans le nord et l’utilisation d’armes à feu dans le sud).

Facteurs de risques

Dans les recommandations du jury de la conférence de consensus de 2000 sur « La Crise suicidaire », sont distingués trois types de facteurs de risque :

  • Facteurs primaires : troubles psychiatriques (notamment la dépression qui est constatée dans 50 % des cas), dépendance (alcoolisme : 30 %), antécédents personnels ou familiaux de suicide, impulsivité. Ils ont une valeur d’alerte importante mais peuvent être influencés par des traitements.
  • Facteurs secondaires : pertes parentales précoces, isolement social (notamment veuvage chez les hommes), difficultés financières et professionnelles (chômage..), évènements de vie stressants. Ils n’ont qu’une faible valeur prédictive en l’absence de facteurs primaires.
  • Facteurs tertiaires : sexe masculin, âge. Ils ne peuvent être modifiés et n’ont de valeur prédictive qu’en présence d’autres facteurs de risque. L’incidence du suicide est près de trois fois plus élevée chez l’homme que chez la femme, mais ce sex-ratio est quasiment inverse de celui observé pour les tentatives de suicide. D’autres part, le taux de suicide augmente très nettement avec l’âge, particulièrement chez l’homme où il devient jusqu’à six fois supérieur au taux moyen.Soulignons que le suicide est un phénomène multifactoriel complexe, sans stricte causalité, où les différents facteurs interagissent les uns avec les autres ; la simple addition des facteurs de risque ne suffit donc pas pour évaluer le risque suicidaire.

Facteurs de protection

L’intégration sociale est un puissant facteur de protection. En particulier, le fait d’avoir un conjoint et surtout des enfants réduit significativement le risque suicidaire, à l’exception des personnes détenues, pour qui la situation familiale peut devenir un facteur aggravant, notamment lorsqu’elles sont poursuivies ou condamnées pour des affaires de mœurs.

La prise en charge thérapeutique est également un facteur de protection.

La prévention

Suite à la reconnaissance du suicide comme problème de santé publique dans le courant des années 1990, une politique publique spécifique de prévention a été mise en place. Après un premier plan lancé en 1998, la Stratégie nationale d’actions face au suicide 2000-2005 s’est articulée autour de quatre axes prioritaires d’intervention :

  • favoriser le dépistage de la crise suicidaire,
  • diminuer l’accès aux moyens létaux,
  • améliorer la prise en charge des suicidants
  • et approfondir la connaissance épidémiologique.

L’évaluation de la Stratégie nationale d’actions face au suicide 2000-2005 a mis en évidence l’ampleur et la diversité des actions développées dans ce cadre. Près de 1,5 M€ ont été consacrés à cette cause au niveau national entre 2000 et 2005 et près de 20 M€ par les régions sur la période 2000-2004, grâce aux ressources de l’assurance maladie associées aux crédits des services déconcentrés de l’Etat. La prolongation des actions de la Stratégie 2000-2005 a été inscrite dans l’axe 4.1 « Dépression et suicide » du plan Psychiatrie et santé mentale 2005-2008.

Madame Bachelot-Narquin, ministre chargée de la santé, a confié à M. David Le Breton, sociologue à l’université Marc Bloch de Strasbourg, la présidence d’un comité de pilotage. Ce comité de pilotage, composé d’experts et de partenaires institutionnels et associatifs, a abordé le problème du suicide dans sa globalité, de la prévention à la prise en charge des suicidants et à la postvention. Une attention particulière a été portée à certaines populations plus vulnérables au risque suicidaire : les personnes âgées, les jeunes homosexuels, les personnes détenues, les personnes souffrant d’addictions, les proches de victimes de suicides. Sur la base du rapport de ce comité de pilotage remis en avril 2009 à la ministre chargée de la santé, une nouvelle stratégie pluriannuelle de prévention du suicide sera élaborée, en partenariat avec les autres départements ministériels concernés.

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Documents

Coordonnées de téléphonie sociale

Source :

Direction générale de la santé (DGS)
Sous direction "promotion de la santé et prévention des maladies chroniques"
bureau de la santé mentale

Actualisation : juillet 2009