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[ 20 octobre 2009 ]
1- La stratégie vaccinale
La grippe A(H1N1) ne semble pas avoir une sévérité beaucoup plus importante que
celle de la grippe saisonnière.
Cependant, ce virus est beaucoup plus contagieux que celui de la grippe saisonnière
et le nombre de décès et de formes graves, en l’absence d’intervention, risque d’être
très élevé car un nombre important de personnes seront touchées. La stabilisation
de l’épidémie observée aujourd’hui peut être liée aux conditions météorologiques
favorables.
Les experts estiment néanmoins qu’il est probable que nous connaissions un pic
épidémique beaucoup plus important à la fin de l’automne ou à l’hiver.
De plus, l’organisation mondiale de la santé a indiqué qu’une proportion
importante des décès attribués au virus A(H1N1) survenait chez des adultes jeunes
et sans facteur de risque.
Même sans parler de forme grave, les personnes qui ont déjà eu la grippe savent
que c’est une maladie sérieuse qui provoque une très forte fièvre et une grande
fatigue qui peut persister plusieurs semaines.
Enfin, un grand nombre de cas aurait d’importantes conséquences sur la vie sociale
et économique du pays par l’absentéisme qu’il engendrerait, désorganisant en
particulier les grands services publics dont l’hôpital.
La vaccination est le meilleur moyen de prévention. C’est le moyen le plus sûr de se
protéger, mais c’est aussi un l’un des moyens de protéger les autres. _ En effet, se
protéger, c’est éviter de prendre le risque de contaminer son entourage. De plus,
certaines personnes à risque ne pourront peut-être pas bénéficier de la vaccination.
C’est particulièrement le cas des enfants de moins de 6 mois. En se faisant vacciner,
leurs proches permettront de contribuer à leur protection.
Pour cette raison, le gouvernement a décidé de proposer la vaccination à toutes les
personnes qui le souhaitent.
Dès l’émergence de la menace constituée par le nouveau virus grippal A(H1N1), le
gouvernement s’est organisé pour proposer la vaccination à tous ceux qui le
souhaiteraient.
Les vaccins contre le virus A(H1N1) sont livrés au fur et à mesure de leur
production par les laboratoires pharmaceutiques. Du fait d’une très forte demande
mondiale et des contraintes inhérentes à la fabrication d’un produit de santé, ces
livraisons seront progressives. En conséquence, la vaccination se fera également de
manière progressive.
Pour cette raison, le Haut conseil de la santé publique a été saisi par la ministre de
la santé et des sports afin qu’il propose l’ordre dans lequel les populations devaient
être invitées à être vaccinées.
Un avis a été rendu en septembre et est régulièrement actualisé depuis, du fait de
l’évolution de la situation épidémiologique et des données relatives aux vaccins.
L’ordre de priorité reste stable. Les personnes les plus exposées et les personnes les
plus fragiles seront vaccinées en priorité, à commencer par les professionnels de
santé exposés au risque.
L’intégralité de cette liste peut être consultée ici
Cette liste a été arrêtée par le Premier ministre sur proposition de la ministre de la
santé et des sports.
La campagne de vaccination commence ce 20 octobre en établissement de santé.
Elle sera élargie au reste de la population après les vacances de la Toussaint. Les
enfants d’âge scolaire seront, en règle générale, vaccinés en milieu scolaire.
A l’heure actuelle, la France bénéficie d’un répit épidémiologique.
Le virus circule, mais l’épidémie marque le pas. A l’arrivée des premières doses de
vaccin, le Haut conseil de la santé publique a, comme prévu, actualisé son avis
concernant la vaccination, en tenant compte de ce contexte épidémiologique. Il
considère aujourd’hui que nous pouvons attendre l’arrivée des vaccins sans
adjuvant pour proposer aux femmes enceintes d’être vaccinées. Cette position
pourrait bien sur évoluer très rapidement si la situation épidémiologique l’exigeait
ou si un retard dans la possibilité d’utiliser les vaccins de Sanofi (sans adjuvant) était
annoncé.
Dans le cas où un médecin considérerait qu’une femme enceinte présente un risque
particulier, cette dernière pourrait bien entendu être vaccinée dès le lancement de la
campagne, vers le début du mois de novembre.
Cette préférence pour des vaccins sans adjuvant est une précaution, car nous
manquons à ce jour d’études ciblées sur les vaccins avec adjuvant chez les femmes
enceintes. Cette position très spécifique s’explique par la difficulté de mener des
études sur cette population.
Les vaccins adjuvés ont par ailleurs, fait l’objet d’essais cliniques importants sur la
population en générale dans le cadre de la préparation à une pandémie. Ces essais
se sont étalés sur plusieurs années (de 2005 à 2008). Ce processus est conforme à
celui conduit dans le cadre du développement de nouveaux vaccins.
En ce qui concerne les professionnels de santé enceintes, la même position est
retenue.
La surveillance épidémiologique depuis l’émergence de la grippe A(H1N1) a
montré que les personnes âgées semblent moins affectées par la grippe à virus
A(H1N1) que le reste de la population.
Certaines d’entre elles pourraient même bénéficier d’une mémoire immunitaire
résiduelle (elles auraient pu rencontrer un virus semblable circulant avant la
pandémie de 1957).
Toutefois, les personnes âgées et les personnes handicapées peuvent présenter des
facteurs de risque spécifiques qui ne sont pas liés à leur âge. Les personnes âgées ou
handicapées peuvent donc être prioritaires pour la vaccination quand elles font
partie, du fait d’une maladie chronique sous jacente (diabète, asthme…), d’un
groupe à risque.
Dans le cas contraire, elles sont appelées à la vaccination au même titre que le reste
de la population générale.
La vaccination se fera :
La vaccination des personnes détenues sera réalisée au sein des centres
pénitentiaires. Elle sera organisée par l’unité de consultation et de soins
ambulatoires qui est adossée à un établissement de santé et avec l’aide de celui-ci et
de son équipe de vaccination dédiée.
Sauf facteur de risque associé, la vaccination des personnes détenues débutera en
même temps que celle de la population générale.
L’accès aux soins de cette population doit être spécifique. Les SDF ne pourront
recevoir directement le bon CNAM les invitant à la vaccination.
Le ministère de la santé travaille en étroite concertation avec le secrétariat d’Etat
chargé du logement et les associations non gouvernementales qui prennent en
charge la santé de ces populations sur un dispositif spécifique, souple et mobile,
permettant une vaccination en dehors des circuits habituels tout en respectant les
contraintes en matière de sécurité vaccinale.
Le gouvernement souhaite proposer un accès à la vaccination pour les Français
résidant à l’étranger.
S’agissant des Français résidant au sein de l’Union européenne, l’accès à la
vaccination pourra se faire en même temps que la population de leur pays de
résidence.
Pour les résidents d’autres pays, le ministère des affaires étrangères étudie les
différentes possibilités en veillant à respecter les contraintes réglementaires en
particulier en matière d’exportation et d’importation de produits pharmaceutiques.

La Ministre de la santé et des sports.

La secrétaire d’Etat chargée des sports.
