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Les chiffres clés de l’AVC

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[ 27 octobre 2009 ]

Epidémiologie

Les AVC sont une pathologie fréquente et grave.

Mortalité

Le Centre d’épidémiologie pour les causes de décès de l’INSERM classe l’AVC parmi les « maladies cérébrovasculaires ». L’AVC est une manifestation de l’« athérothrombose », maladie des artères se manifestant également par l’artérite des membres inférieurs et par l’infarctus du myocarde.

La mortalité pour « maladies cérébrovasculaires » (MCV) a représenté 32 652 décès sur 515 952 en France métropolitaine en 2006, soit 6,3 %. Par comparaison, les décès imputés aux cardiopathies ischémiques (infarctus du myocarde) sont au nombre de 38 806, soit 7,5 %. Si les tumeurs sont la première cause de décès en France, tous sexes confondus (30,6 %) les maladies cardio-cérébro-vasculaires sont la deuxième (28,2 %) et parmi elles les AVC occupent le troisième rang chez les hommes et le premier chez les femmes.

L’athérothrombose est actuellement la première cause de décès dans le monde malgré une diminution importante ces dernières années [1] ; les projections indiquent qu’elle le restera pour les 25 ans à venir. L’AVC est la troisième cause de décès en France mais la deuxième dans le monde après l’infarctus du myocarde. La surmortalité masculine par AVC est stable, égale à 1,3.

Les décès par MCV présentent des disparités régionales : pour la période 2003-2005, on observe dans le Nord, en Alsace et en Bretagne (dans cette dernière région uniquement pour les hommes) une surmortalité par MCV plus de 20 % supérieure à la mortalité moyenne nationale pour cette pathologie (données standardisées) ; en Ile de France, au contraire, la mortalité standardisée est au moins de 20 % inférieure à la moyenne nationale.

Morbidité

15% des AVC surviennent chez les moins de 50 ans, 25 % chez les moins de 65 ans, c’est à dire chez des personnes en activité professionnelle ou en âge légal de travailler, et plus de 50 % chez les personnes de 75 ans et plus. Le risque de récidive d’AVC à cinq ans est estimé entre 30 et 43 %.

C’est la deuxième cause de démence après la maladie d’Alzheimer. L’AVC représente en France chaque année entre 100 000 et 150 000 séjours d’hospitalisation aiguë, selon que l’on inclue ou non les accidents ischémiques transitoires et les séjours de moins de 24 heures : environ 2% des séjours de court séjour des établissements de santé sont des hospitalisations pour AVC. C’est donc une activité hospitalière conséquente, principalement publique, en court séjour [2].

Environ 30 % des patients victimes d’un AVC constitué sont hospitalisés en soins de suite et de réadaptation au décours de leur prise en charge en soins de courte durée : l’AVC représente 4,5 % des journées de SSR. Ce sont des patients lourds : la moyenne des scores de dépendance physique des patients post AVC est près de 50 % plus élevée que celle de l’ensemble des patients accueillis en SSR.

Les projections concluent à l’augmentation du poids de l’AVC parmi les pathologies : l’on mourra moins directement d’accident vasculaire cérébral dans les années à venir, mais le nombre de patients victimes d’AVC ira croissant en raison du vieillissement de la population. L’AVC est déjà la première cause de handicap acquis de l’adulte dans les pays développés.

Le nombre de personnes couvertes par le régime général de l’assurance maladie et relevant de l’affection de longue durée (ALD) n° 1 « accident vasculaire cérébral invalidant » était de 191 500 personnes au 31 octobre 2004 et de 225 090 au 31 décembre 2007. L’estimation par l’assurance maladie du nombre actuel de patients atteints d’AVC dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) est de 90 000, soit 15 % de cette population.

Les données du secteur médioc-social sont malheureusement rares. Cependant, une étude réalisée en 1999 dans les établissements accueillant des personnes atteint d’un handicap moteur (établissements de l’APF) a montré que les personnes présentant des séquelles d’AVC représentaient 5,5 % des personnes accueillies en maison d’accueil spécialisée (MAS), foyer d’accueil médicalisé (FAM) ou foyer de vie.

Recours au système de soins

A la phase aiguë, près des deux tiers des séjours pour AVC ont lieu dans 15 % des établissements, presque tous publics, qui prennent en charge au moins 300 cas par an ; mais un quart a lieu dans des établissements accueillant moins de 200 cas chaque année.

Les unités neuro-vasculaires se développent : il y en avait 33 en 2007, elles étaient 78 au 31 mars 2009 (cf. tableau 1 et figure 1). Cependant elles accueillent actuellement moins de 20 % des patients victimes d’AVC. 80 % des AVC hospitalisés ne sont pas admis en unité neuro-vasculaire, soit par absence d’UNV dans l’établissement, soit par manque de place dans l’UNV, soit par orientation vers un autre service. Le pourcentage de patients admis en UNV varie entre 8 et 33 % selon les régions disposant d’une UNV, dénotant une importante inégalité dans l’accès aux soins (cf. tableau 2 et figure 2).

Tableau 1 : répartition et densité des UNV en France métropolitaine

Région nb habitants (INSEE 2006) UNV existant au 31 mars 2009 Nouvelles UNV prévues en 2009 Total fin 2009 Densité UNV / 1000 000 hab. 1er trim. 2009 Densité UNV / 1000 000 hab. fin 2009
Alsace 1 847 604 3 1 4 1,62 2,16
Aquitaine 3 205 490 2 5 7 0,62 2,18
Auvergne 1 379 138 1 1 0,73 0,73
Bourgogne 1 681 293 1 1 0,59 0,59
Bretagne 3 193 598 4 4 8 1,25 2,51
Centre 2 591 265 4 3 7 1,54 2,7
Champagne Ardenne 1 378 356 1 2 3 0,73 2,18
Corse 299 542 0 0 0 0
Franche Comté 1 187 665 2 2 4 1,68 3,37
Ile de France 11 671 585 16 2 18 1,37 1,54
Languedoc-Roussillon 2 589 704 5 5 1,93 1,93
Limousin 753 537 1 1 1,33 1,33
Lorraine 2 391 381 2 1 3 0,84 1,25
Midi-Pyrénées 2 855 792 6 3 9 2,1 3,15
Nord Pas de Calais 4 088 785 7 2 9 1,71 2,2
Normandie (Basse) 1 500 300 2 2 4 1,33 2,67
Normandie (Haute) 1 851 344 2 1 3 1,08 1,62
Pays de la Loire 3 553 353 2 2 4 0,56 1,13
Picardie 1 942 169 4 2 6 2,06 3,09
Poitou-Charentes 1 778 856 2 2 1,12 1,12
Provence Alpes Côte d’Azur 4 896 850 4 2 6 0,82 1,23
Rhône Alpes 6 172 369 7 1 8 1,13 1,3
Total France métropolitaine 62 809 976 78 35 113 1,24 1,8

(source : ARH et DHOS – avril 2009)

Figure 1 : cartographie des UNV (février 2009)

cartographie des UNV (février 2009)

(source : SFNV et DHOS)

Tableau 2 : proportion d’AVC admis en UNV selon les régions (4ème trimestre 2008)

Région% passage en UNV
Alsace 24,30%
Aquitaine 10,90%
Auvergne 16,30%
Bourgogne 8,70%
Bretagne 18,80%
Centre 22,50%
Champagne-Ardenne 7,90%
Corse 0,00%
DOM [3] 16,30%
Franche-Comté 32,80%
Ile-de-France 22,90%
Languedoc-Roussillon 27,10%
Limousin 9,40%
Lorraine 19,10%
Midi-Pyrénées 27,60%
Nord-Pas-de-Calais 30,30%
Basse-Normandie 12,40%
Haute-Normandie 16,20%
Pays de la Loire 11,80%
Picardie 31,80%
Poitou-Charentes 15,20%
Provence-Alpes-Côte d’Azur 22,50%
Rhône-Alpes 14,70%
Total 19,9%

(Sources : données PMSI 4ème trimestre 2008 – Atih, redressement DHOS – liste des UNV : ARH et DHOS )
Tous diagnostics d’AVC – A noter qu’il n’existe pas encore d’UNV en Corse (des réflexions sont en cours)

Figure 2 : cartographie régionale du pourcentage d’AVC admis en UNV (4ème trimestre 2008)

cartographie régionale du pourcentage d'AVC admis en UNV (4ème trimestre 2008)

(Sources : données PMSI 4ème trimestre 2008 – Atih, redressement DHOS – liste des UNV : ARH et DHOS ) Cartographie DHOS/O4 – juin 2009

[1] On observe une diminution globale de la mortalité cardiovasculaire de 35 % en 25 ans (1980-2000), puis de 10 % sur 4 ans (2000-2004) ; la mortalité par infarctus du myocarde a cependant moins baissé que celle par MCV.

[2] A titre de comparaison, les séjours de court séjour pour AVC, qui ont lieu à 90 % dans les établissements publics, représentent plus de deux fois ceux pour pose de prothèse de hanche dans ces derniers et presque 10 % de plus que les séjours pour pose de prothèse de hanche France entière.

[3] Les données des DOM sont d’interprétation difficile, en raison de questions d’exhaustivité.