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[ 20 octobre 2009 ]
2- Les vaccins
C’est le fondement même de la procédure d’autorisation de mise sur le marché que
de vérifier, en plus de la sécurité du vaccin, son efficacité contre l’agent pathogène
contre lequel il protège.
En conséquence, les vaccins dotés d’une AMM, qui seront les seuls utilisés dans le
cadre de la campagne de vaccination, ont démontré leur efficacité pour protéger
contre le virus de la grippe A(H1N1). Cependant, comme c’est le cas pour tous les
vaccins, les vaccins contre la grippe A(H1N1) ne protègent pas à 100%.
Le vaccin reste efficace plusieurs mois. Se faire vacciner aujourd’hui permet donc
largement d’être protégé pendant la période à risque de pic pandémique.
Les vaccins comportent un principe actif dénommé « antigène ».
C’est cet élément qui va induire une réponse immunitaire capable de protéger
l’individu contre l’infection naturelle ou d’en atténuer significativement les
conséquences (bactéries ou virus vivants atténués, agent bactérien ou viral entier
inactivé, fractions antigéniques ou sous-unités vaccinantes).
Les autres composants sont :
Certains vaccins contre la grippe A(H1N1) contiennent des adjuvants. Ces adjuvants servent :
Le schéma vaccinal validé dans les essais cliniques ayant permis aux différents
vaccins contre le virus A(H1N1) d’obtenir une autorisation de mise sur le marché
(AMM) comporte l’administration de deux doses espacées au minimum de 21
jours.
Pour autant, même après l’obtention des autorisations de mise sur le marché, les
laboratoires poursuivent leurs travaux pour améliorer leur connaissance de
l’efficacité des vaccins. Ces essais qui se poursuivent ont permis de produire des
données d’immunogénicité (c’est-à-dire la capacité du vaccin à stimuler la
production des anticorps contre le virus) supplémentaires. Ces données pourraient
conduire à reconsidérer ce schéma si la première dose devait permettre de façon
pérenne l’obtention d’un effet protecteur suffisant.
C’est ce que suggèrent les données qui sont disponibles pour le vaccin produit par
GSK et celui produit par Novartis. En conséquence, ces deux laboratoires ont
déposé une nouvelle demande d’AMM auprès de l’agence européenne du
médicament (EMEA) pour leur vaccin avec une seule dose.
Un schéma vaccinal à une seule dose serait une excellente nouvelle.
Tout d’abord, il permettrait de proposer plus rapidement la vaccination à
l’ensemble de la population.
Ensuite, il simplifierait substantiellement l’organisation de la campagne de
vaccination car, à l’heure actuelle, les deux injections requises doivent être faites
avec un vaccin produit par le même laboratoire.
Il est néanmoins probable que cette possible évolution du schéma vaccinal ne
concerne pas les jeunes enfants qui resteraient sur un schéma à deux injections
pour une protection complète.
Si l’on se fonde sur les résultats de la surveillance des effets secondaires des vaccins
contre la grippe saisonnière produits selon des procédés analogues et déjà
commercialisés depuis plusieurs années, rien n’indique actuellement que le vaccin
contre la grippe A(H1N1) puisse avoir des effets secondaires à long terme.
En effet, les vaccins contre la grippe saisonnière sont bien tolérés. S’ils surviennent,
les événements indésirables sont le plus souvent mineurs, prenant surtout la forme
de réactions locales (douleur, rougeur, gonflement) au point d’injection ou de fièvre
modérée, et ne durent pas plus de 48 heures.
Dans le cadre de la campagne nationale de vaccination contre la grippe A(H1N1),
un suivi attentif et en temps réel des effets indésirables sera néanmoins mis en
place. Il permettra de détecter et d’analyser tout signal d’alerte significatif.
L’encadrement de la sécurité d’emploi du vaccin reposera sur l’agence française de
sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS), en collaboration étroite avec les
centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV) et les laboratoires
pharmaceutiques concernés.
En complément des plans de gestion des risques (PGR) mis en place au niveau
européen, l’AFSSAPS prévoit une surveillance selon deux axes principaux : un
recueil des effets indésirables et la réalisation d’études cliniques complémentaires au
PGR européen afin d’assurer un suivi épidémiologique en France. Ces éléments
permettront ainsi l’évaluation régulière du rapport bénéfice-risque de ces vaccins et
la prise de mesures si nécessaire.
Une fiche de déclaration « pandémie grippale » a été mise en place par l’AFSSAPS,
qui permettra de déclarer spécifiquement des événements indésirables pour les
vaccins antigrippaux A(H1N1). La notification sera facilitée par l’accès non
seulement sur le site de l’AFSSAPS mais aussi sur les sites internet de plusieurs
réseaux de médecins généralistes et des ordres nationaux des médecins et des
pharmaciens. Des formulaires de déclaration seront également disponibles dans les
centres de vaccination.
Enfin, dans des cas exceptionnels, les professionnels de santé pourront déclarer les
événements indésirables dont ils ont connaissance par téléphone.
Dans le contexte particulier de la pandémie grippale, l’AFSSAPS prévoit de
renforcer le système habituel de notification par les professionnels de santé en
autorisant la notification directe par les patients, afin de disposer de toute
information pouvant constituer un signal, quelle que soit la source
Dans le cadre du plan de gestion des risques (PGR) européen, l’agence européenne
du médicament (European Medicines Agency – EMEA) a demandé à chaque
laboratoire commercialisant un vaccin A(H1N1) de mettre en place un suivi de
cohorte de sujets vaccinés jusqu’à 6 mois après la vaccination. De plus, l’AFSSAPS
prévoit une évaluation de la tolérance des nouveaux vaccins A(H1N1) au sein des
groupes de sujets à risque, grâce à un suivi actif et organisé des effets indésirables
en France.
Le syndrome de Guillain-Barré (SGB) est une atteinte des nerfs qui se traduit par
une paralysie rapide, débutant au niveau des membres inférieurs puis remontant
vers le haut du corps. C’est une maladie potentiellement grave : dans 85% des cas,
la récupération est complète, 10% des patients gardent des séquelles motrices et 5%
décèdent.
C’est une maladie rare. En France, son incidence (nombre de nouveaux cas par an)
est de 2,8 cas pour 100.000 (calculée sur la base des données du programme de
médicalisation des systèmes d’information-PMSI). On estime à 1.700 le nombre de
patients hospitalisés par an.
Deux tiers des cas de SGB surviennent après une infection bactérienne ou
virale. A ce titre, la grippe est considérée comme un facteur de risque
possible du SGB.
Les études épidémiologiques faites sur le sujet ont montré que le nombre
d’hospitalisations pour SGB augmente parallèlement à celui du nombre de cas de
grippe. Une étude menée en France par des équipes de l’hôpital de Garches a
montré l’incidence de 4 à 7 cas pour 100 000 sujets grippés.
L’association entre la vaccination contre la grippe et la survenue d’un SGB a été
évoquée pour la première fois en 1976 aux Etats-Unis. Il s’agissait d’un vaccin à
virus entier et sans adjuvant.
Depuis, plusieurs études portant sur la vaccination contre la grippe saisonnière ont
été conduites. L’une d’entre elles a mis en évidence un risque très faible d’environ 1
cas pour 1 million de personnes vaccinées. Les autres études n’ont pas montré
d’association.
L’ensemble des données disponibles indiquent que le risque de développer un
SGB dû à la grippe est très supérieur au risque de survenue d’un tel
syndrome du fait de la vaccination. Sur ce sujet, le rapport bénéfice/risque est
donc totalement en faveur de la vaccination.
Deux éléments doivent être soulignés :
Est-il prévu un suivi médical des personnes vaccinées ?
Il n’est pas prévu de mettre en place un suivi médical des personnes vaccinées car
cela ne se justifie pas.
En revanche, un dispositif de surveillance des effets indésirables sera mis en place
au démarrage de la campagne de vaccination et permettra de réaliser une évaluation
en continu de la tolérance de ces vaccins.
Il a pour objectif de détecter les effets indésirables médicamenteux (EIM) des
vaccins grippaux A(H1N1) sur le territoire français. Cette évaluation continue de la
tolérance des vaccins A(H1N1) permettra de prendre rapidement toute mesure
supplémentaire de minimisation du risque qui pourrait s’imposer, et de modifier, si
nécessaire, la stratégie de vaccination.
En cas de signal d’alerte susceptible de conduire à une réévaluation du rapport
bénéfice-risques des vaccins A(H1N1), les autorités compétentes des Etats
membres de la communauté européenne s’informeront mutuellement afin de
prendre des dispositions concertées
Si un effet indésirable survenait après la vaccination, il est recommandé de se
rapprocher de son médecin, ou de son pharmacien pour avis. Le cas échéant, ils se
chargeront d’établir une déclaration auprès du centre régional de pharmacovigilance
(CRPV) dont ils dépendent géographiquement. Par ailleurs, il est prévu que les
patients puissent déclarer eux-mêmes des effets secondaires qu’ils suspectent d’être
liés à la vaccination A(H1N1). La fiche de déclaration « patients » sera
téléchargeable sur le site de l’AFSSAPS (http://www.afssaps.fr/). Une fois dûment
remplie, elle devra être adressée au CRPV couvrant le département de résidence du
patient déclarant.
Seuls les vaccins dotés d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) seront
utilisés pour vacciner la population. Aussi, chacun doit considérer que tous les
vaccins offrent le même niveau d’efficacité et de sécurité. Aussi, il n’est pas prévu
d’offrir le choix du vaccin aux personnes qui viendront se faire vacciner.
En revanche, dans des cas très particuliers, comme celui des femmes enceintes ou
celui de certaines allergies en particulier, le professionnel de santé qui effectuera la
vaccination pourra être amené à choisir un vaccin plutôt qu’un autre.
Des contrats ont été passés avec quatre industriels pour pallier tout problème de production ou d’obtention d’autorisation de mise sur le marché (AMM). Au total, 94 millions de doses ont ainsi été acquises :



La Ministre de la santé et des sports.

La secrétaire d’Etat chargée des sports.
